video Block
Double-click here to add a video by URL or embed code. Learn more

Une erreur toute bête

C’est en observant des loups non apparentés regroupés en captivité dans un vaste enclos que David Mech a pondu l’idée du loup Alpha. C’était en 68. Quelques années plus tard, alors qu’il est devenu directeur du Wolf Park de Yellowstone, il a constaté s’être planté royalement, mais son éditeur a continué à distribuer son livre paru en 70 et le mythe s’est ancré jusqu’à nous.

Dès le début de sa dizaine d’années d’observation en forêt, Mech a bien vu qu’une vraie meute est une cellule de collaboration, et que les loups s’y comportent non pas comme dans une ruelle, mais bien comme une famille.

Les plus forts enseignent les règles et les usages. Ils veillent à la sécurité des tous. Et font les courses.

La chasse au gros se pratique en groupe, parfois pendant des jours, en traquant le gibier jusqu’à ce qu’il soit complètement épuisé et se couche, incapable d’aller plus loin. Les plus aguerris l’éventrent. Ils s’arrogent souvent le foie, puis se retirent pour laisser manger les autres. À la fin, on rapporte de la nourriture aux louveteaux. Qu’en est-il pour les vieillards, les blessés et les gardiens restés derrière ? Je ne sais pas, mais je crois bien qu’on s’en occupe aussi…

Au sein de la meute, les affrontements véritables sont rarissimes. Blesser son partenaire de chasse ou risquer d’être blessé par lui mettrait en péril la survie du groupe.

La meute est une famille où règne l’entraide et la solidarité.

Le mythe du grand méchant loup conquérant et dominant popularisé par Disney et Cesar Millan, ce n’est rien d’autre (ou presque) que de la bouillie pour les chats.

Vouloir dominer son chien en se comportant en mâle ou en femelle Alpha est absurde et équivaut à le traiter en étranger, en adversaire et en paria toute sa vie.

Voyez Cesar Millan en action.

Lisez ce que Mech en dit

Publié le 1 mai 2016 par Inoukat

Par David Mech —  « La notion  du loup Alpha est bien ancrée dans la littérature consacrée aux loups, en partie à cause de mon livre «Le loup : Écologie et comportement d’une espèce menacée », écrit en 1968, publié en 1970, puis réédité en livre de poche en 1981, et toujours  imprimé malgré mes nombreuses requêtes auprès de mon éditeur afin qu’il arrête sa publication. Même si la plupart des informations contenues dans ce livre sont toujours exactes,  beaucoup sont dépassées. Nous avons appris davantage sur les loups durant ces 40 dernières années que dans toute l’histoire.

La meute de loups apparaît spontanément par la naissance des petits, sans combat de hiérarchie.

L’un des points dépassés est le concept du loup alpha.  « Alpha » suppose d’être mesuré aux autres, de gagner un combat ou une bataille pour devenir le chien au sommet. Mais, chez les loups, la majorité des chefs de meute ont obtenu cette position simplement en s’accouplant et en se reproduisant, les chiots devenant leur meute. Autrement dit, ils ne sont que des reproducteurs, ou des parents, et aujourd’hui nous ne pouvons les appeler autrement que le « mâle reproducteur », la « femelle reproductrice », ou bien « le parent mâle », le « parent femelle ». Dans les rares cas de meutes comprenant plus d’un animal reproducteur, le « reproducteur dominant » peut être désigné ainsi, et toute fille reproductrice peut être appelée une « reproductrice subordonnée » . »

 

David Mech

Pourriez-vous répéter la question ?